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Si de nos jours, on évoque surtout les flux migratoires d’Afrique vers l’Europe, dans le passé c’était plutôt l’inverse. C’est le cas notamment des Italiens qui ont longtemps et pour diverses raisons choisi de s’installer en Tunisie.

En 1906, la communauté italienne comptait environ 4600 habitants à Sousse.

Beaucoup d’italiens étaient viticulteurs sur des petites exploitations dans les environs de la ville de Sousse.
Le prix bon marché du vin en Tunisie au début du XXème siècle ne contribua pas à leur richesse.

Leurs qualités de travail et leur sobriété faisaient que les travailleurs italiens étaient très appréciés de leurs employeurs, même s’ils étaient âpres au gain et parfois jugés “prétentieux” du fait que les conventions de 1896 les mettaient théoriquement sur un pied d’égalité avec les Tunisiens et les Français.

Néanmoins les pêcheurs, artisans et ouvriers avaient souvent des conditions de vie inférieures à celles des Tunisiens, et vivaient dans des quartiers où la salubrité laissait alors beaucoup à désirer.

Italiens-Sousse-Tunisie

L’histoire du quartier de CAPACE

Le Petit Capaci / Capaci Piccolo

C’était le quartier des pêcheurs et petits métiers autour de la Marine de Sousse.

Le quartier tire ses origines du nom de la ville sicilienne de Capaci, dont beaucoup étaient originaires, il était également appelé Capaci Piccolo (le petit Capaci).

Le Grand Capaci

Le quartier de Capace grande ou capaci grandi (le grand Capaci) fut construit plus tard sur les hauteurs de la ville. Appelé par certain le Trocadéro où s’installèrent ceux qui avaient un peu mieux réussi, les maçons, entrepreneurs et commerçants.

Il n’existait pas de rivalités de classe entre ces deux quartiers qui savaient se retrouver pour toutes les occasions de grande fêtes chrétiennes ou autour de quelques parties de foot endiablées.

Une intégration des Italiens qui se passe plutôt bien en Tunisie

Italiens-Sousse-Tunisie
En 1881, la Tunisie accueille 10 000 Italiens

A Sousse, la seule langue européenne parlée avant le protectorat était l’italien.
Ainsi pour se faire comprendre ou enseigner, les sœurs de Saint-Joseph de l’apparition durent-elles parler italien.

Cependant on trouvait aussi parmi la communauté italienne une élite sociale fortunée et politisée fréquentant parfois aussi les milieux de la franc-maçonnerie à l’image du grand Garibaldi qui vécut exilé en Tunisie.
Quelques familles ayant souvent une charge consulaire ou des activités économiques prospères tentaient d’encadrer l’ensemble de leurs ressortissants.

Ces personnes avaient un fort sentiment d’italianité, ils tentaient de former au mieux l’ensemble de leurs compatriotes en créant un grand nombre d’œuvres de charité, d’organisations culturelles, sportives et sociales. Des écoles fortement soutenues par le gouvernement italien furent créées.

Italiens-Sousse-Tunisie
L’école italienne sur l’avenue Krantz

Le Protectorat Français, un frein pour la migration des Italiens en Tunisie

La rivalité constante des autorités italiennes et françaises fut un frein majeur au développement harmonieux de cette communauté italienne en Tunisie.
Ceux qui ont opté pour la nationalité française, suite au décret du 8 novembre 1921, le firent surtout par opportunité car on leur proposait de meilleures conditions sociales. Dans l’ensemble, cette communauté fut peu touchée par l’assimilation française, mais elle n’augmenta que faiblement.

La fin du deuxième conflit mondial marqua la fin de l’application de leur statut particulier hérité des conventions de 1896. L’école italienne fut fermée, et on assista à une chute drastique du nombre des ressortissants italiens.
Certains, ayant collaboré avec les troupes de l’Axe pendant l’occupation de la Tunisie par ces dernières en 1942/1943) furent expulsés en Italie.

Ceux qui restèrent furent très nombreux à se faire naturaliser, beaucoup choisissant d’ailleurs la France comme pays d’accueil après l’indépendance de la Tunisie.


Comme vous l’avez constaté, autrefois, les Italiens venaient s’installer en Tunisie. 
Malheureusement, de nos jours, des milliers de Tunisiens fuient notre pays en risquant leur vie sur des petites embarcations afin d’atteindre les cotes italiennes.

Dernièrement, ce sont des conteneurs italiens de déchets importés en Tunisie qui font scandale suite aux révélations de l’émission « les 4 vérités » de la chaîne TB El Hiwar Ettounsi.
La douane du port de Sousse a saisi environ 120 tonnes dans plus 200 conteneurs de déchets ménagers, une activité qui ne respecte ni la législation nationale ni les conventions internationales.

Serions-nous devenus la poubelle de l’Italie ?

« Il faut ouvrir les portes du passé de temps en temps, car cela apporte certaines réponses à l’instant présent. »

Fouad Ftouki

Cela remonte à fort longtemps, au temps où la perle du Sahel d’aujourd’hui était sous le règne aghlabide et connue sous le nom de « Hadrim » que l’enceinte actuelle des remparts de Sousse a été édifiée. Selon une inscription trouvée sur la muraille sud, les remparts ont été construits en 859.

Sous ses immenses remparts couronnés de merlons, pas moins de six grandes portes historiques permettent l’accès en son sein de la médina. Des portes connues de tous, mais dont la majorité des Soussiens ignorent encore leurs noms et leurs histoires.

Quelle est l’histoire de ses portes ? Quelles sont les origines de leurs noms ? Et pourquoi ont-elles été construites là où elles sont ?

Histoire et fondation des portes actuelles de la médina de Sousse

Compte tenu des guerres ancestrales, meurtrières et parfois dites modernes, la construction des trois premières portes était inévitable, à savoir celle de Bab el gharbi, Bab el bhar et Bab jedid.

Bab El Gharbi 

Bab el gharbi medina sousse
Bab el gharbi – Sousse médina

Bab el gharbi est l’une des plus anciennes portes, elle fut percée dans les remparts de la médina de Sousse sous le règne de la dynastie aghlabide. 

Autrefois, elle portait le nom de « porte du camp », car elle donnait systématiquement sur le périmètre du camp militaire français. Mais “Bab el gharbi” tire son nom actuel du fait qu’il donne sur le côté ouest de la médina. 

C’est l’une des portes les plus importantes de la médina. Elle assurait la liaison entre l’agglomération urbaine et l’arrière-pays soussien. Elle a acquis à travers les âges une fonction stratégique en remplissant la fonction d’un fortin défensif. On trouve d’ailleurs juste derrière le rempart une petite porte qui donne accès aux gardes.

Bab el gharbi ouvre directement sur l’un des souks les plus typiques de la médina de sousse “Souk el caid”. Elle est à proximité de la kasbah et du musée archéologique de Sousse.

Bab Bhar

Bab bahr - Sousse médina
Bab bahr – Sousse médina

Bab bahr a été conçue principalement pour le transport de marchandises et essentiellement pour alimenter les marchés. Cette porte se trouve au nord de la médina, elle donne directement sur la mer d’où l’origine de son nom “Porte de la mer”.

La porte de Bab Bahr fut détruite pendant la 2éme guerre mondiale en 1942.

La porte de Bab Bhar n’existe plus, elle a été complètement détruite lors des bombardements alliés visant à repousser et à faire reculer les Allemands et les Italiens. Le port et tout ce qui se trouvait aux alentours ont été dévastés.

Actuellement, c’est l’entrée la plus connue pour accéder à la médina, elle se trouvait à proximité de Soula Centre juste à côté de la Place de Sidi Yahya.

Il est également important de noter que juste à côté se trouvait “la porte de France” qui a elle aussi été détruite. On l’appelait ainsi, car elle donnait sur le port de sousse ou était accoster les navires français. Cette porte été donc en quelque sorte le point de départ vers la France.

Bab Jedid

Bab jedid - Sousse médina
Bab jedid – Sousse médina

La porte de Bab Jedid a été construite sous l’ordre du gouverneur de Sousse, le général Rashid en 1848. Elle se trouve du côté Est de la médina, mais celle-ci n’existe plus actuellement. 

Selon plusieurs sources, cette porte a été détruite par le protectorat Français afin de faciliter l’accès à la médina vu que les portes étaient fermées durant chaque après-midi vers l’horaire d’al asr, et que celle-ci donnait directement sur la plage vers 1890. À cette époque, la porte portait également plusieurs carreaux colorés.

Aujourd’hui, nous pouvons encore apercevoir deux grands trous verticaux dans les deux murs qui permettaient d’ouvrir et de fermer les portes.

Cette porte se trouve juste à côté du marché de poisson de la médina, elle donne également accès à Souk Errbaa.

S’ensuivent après, la construction de trois autres portes, Bab el Qibli « la porte orientale », Bab el Jebli qui date de la fin du 19éme siècle et enfin Bab el Fingua connue sous le nom de « porte de la potence ».

Bab El Qibli

Bab el qibli - Sousse médina
Bab el qibli – Sousse médina

Cette porte donne sur le côté sud, on l’appelait également “Porte de kairouan” vu qu’elle mène vers la ville de Kairouan.
Elle se trouve à proximité du théâtre en plein air de sidi dhaher et de la casbah, non loin de jabbenet el ghorba.

Parmi ses caractéristiques, on retrouve l’étoile et le croissant des deux côtés.

C’est également la porte qui donne un accès direct à la mosquée Bou ftata; une des plus anciennes mosquées de la ville de Sousse qui a servi de modèle pour la Grande Mosquée de Sousse, la mosquée de la Kasbah et la mosquée Zitouna.

À côté de Bab el qibli se trouvait également “Bab Laamirine”, qui a été enlevé dans les années 80 afin de construire le théâtre de Sidi Dharher.

Bab Laamirine - Sousse médina
Bab Laamirine – Sousse médina

Bab El Jebli

Bab el jebli - Sousse médina
Bab el jebli – Sousse médina

Bab el jebli se trouve au nord, en face du lycée de garçon et de la station de louages actuelle. Elle donne accès au musée Dar Essid ainsi qu’au ribat de Sousse.

C’est également la porte d’accès idéale pour visiter Zaouia Zakkak.

Bab El Fingua

Bab el finga - Sousse médina
Bab el finga – Sousse médina

Cette porte a été rouverte par le protectorat français en 1892 afin de pénétrer plus rapidement au cœur de la médina en cas de besoin, vu que durant la période de colonialisme, il y avait des mouvements de résistance assez souvent.

Cette porte était appelée “La Porte Ouest” par les Français, mais les Italiens qui ont construit cette porte lui ont donné le nom de “Porta del fìngere”. Finga est donc un mot italien qui veut dire “faire semblant” et qui est en quelque sorte une moquerie envers les Français qui ont donné exactement le même nom à cette porte qu’à celle de bab el gharbi qui était déjà connue par tous les habitants comme étant “La Porte Ouest”. 

Bab el finga se trouve à environ 100 mètres de la porte de Bab el Gharbi. Celle-ci est surtout connue par les locaux comme étant la porte d’accès des maisons closes de la ville qui étaient dédiées à la prostitution légale, et ce, depuis l’époque du protectorat Français. Ces maisons closes étaient d’ailleurs fréquentées par les soldats de la caserne construite à quelques mètres de Bab el finga.

Les maisons closes de Bab el finga ont été fermées en 2011, suite à plusieurs attaques par des extrémistes.

La disposition stratégique des portes de la médina

Rien n’a été conçu au hasard, chaque ouverture de portes débouchait sur un endroit stratégique et étaient, parfois toutes, gardées par des factionnaires armés.

Du Nord au Sud, en passant par l’ouest et l’est, la grande cité était toujours exposée principalement au danger venant principalement de la mer qui dégageait essentiellement l’air de la piraterie.

Une architecture côtière militaire se doit de protéger ses citoyens en veillant sur la sécurité de la cité ainsi qu’au bon déroulement des opérations de l’approvisionnement.

Certaines portes étaient conçues d’une façon très robuste, parfois ornées de belles pierres certes, mais essentiellement pour assurer une bonne défense et repousser n’importe quelle percée.

Tandis que d’autres, pour assurer l’acheminement des vivres, à l’opposé de la zone côtière et permettait aussi, la pénétration des militaires au sein de la médina.


Malgré l’inscription de la médina de Sousse au patrimoine mondial de l’UNESCO. Celle-ci n’est pas du tout mise en valeur. Nous n’avons trouvé aucune pancarte ni aucune information à propos du nom des portes ou de l’année de leur construction, sauf à Bab el gharbi où il y avait un panneau informatif.

La municipalité de Sousse devrait mettre encore plus en avant notre patrimoine comme ce fut le cas à la médina de Tunis où nous trouvons des pancartes informatives sur chaque site historique. Ceci est la moindre des choses car nous pouvons aussi essayer de rebatir à l’identique les portes qui ont étés détruites, comme celle de Bab Bhar par exemple. Cela rendrait les remparts de la medina encore plus impressionnants !

Lors de notre balade à la médina, nous avons également remarqué des graffitis sur les murs, des bâches d’anciens événements, des débris aux chevets de certaines portes, des vendeurs à la sauvette qui gâchaient la beauté des lieux.

Nous trouvons ça dommage que de si beaux sites historiques restent si mal exploités dans un pays qui se dit être une destination touristique.

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« Les martyrs représentent un des plus puissants leviers de l’humanité et peuvent transformer une populace altérée de sang en un groupe d’hommes prêts à mourir pour un idéal de justice ou de liberté. »

Pierre Lecomte du Nouÿ

Le mardi 22 janvier 1952, la ville de Sousse connaît une journée sanglante, et c’est à l’occasion du 9 avril, la journée des martyrs, que nous partageons avec vous une nouvelle histoire, qui, précédemment, a marqué toute la Tunisie suite au décès de 12 personnes et d’une dizaine de blessés lors d’une manifestation contre le protectorat français.

  • Mais que s’est-il passé durant cette étrange journée ?
  • Qu’est ce qui à déclencher cet événement tragique ?

Histoire du déclenchement des faits

Discours de Habib Bourguiba

En 1952, La Tunisie vivait encore sous l’occupation française, à cette époque la population était sous tension et plusieurs manifestations étaient organisées afin de demander plus de souveraineté.

Présidé par Habib Bourguiba, le PND (le Parti du Néo-Destour) s’engagea dans une résistance absolue contre la répression de l’envahisseur français. Une guerre silencieuse se tramait dans les locaux des résistants, prévoyant de prendre le pays en main et de libérer le peuple tunisien du protectorat français. La guerre de l’indépendance était sur le point de commencer.

Interdisant toute tentative de complot, ou encore, toute réunion publique, les forces françaises se doutaient forcément d’une conspiration.

En décembre 1951, la France propose à la Tunisie une souveraineté conjointe mais le PDN rejette cette idée et annonce une grève générale dans tout le pays.

Le 18 janvier 1952, 21 dirigeants du PND dont Habib Bourguiba sont arrêtés, la population est exaspérée, le volcan entre en ébullition.

La Grande Manifestation du 22 Janvier 1952

Des manifestations surgissent dans tout le territoire suite aux différentes arrestations du PND.

Jugeant que la goutte qui avait débordé le verre, était sans doute, l’arrestation du seul espoir du pays vers le chemin de la liberté, que commence une journée où l’impensable se produira.

Près d’un millier de manifestants à Sousse se lancent dans une guerre inévitable contre les assaillants. Une guerre sanglante éclata.

Les soldats Français ouvrent le feu pour riposter aux jets de pierres des manifestants. Un KO total est enregistré à Sousse, plusieurs arrestations sont effectuées, plusieurs blessés et douze braves hommes sont morts. Des martyrs qui se sont sacrifiés pour libérer la Tunisie de l’emprise du protectorat Français.

L’assassinat du Colonel Durand durant les affrontements    

22 janvier 1952 martyrs sousse

Juste avant le déclenchement des faits, durant la journée du 22 janvier 1952, un événement tragique coûtera la vie à Norbert Durand, le colonel et chef des opérations du maintien de l’ordre.

Alors que la ville de Sousse était en ébullition, des militants armés essayaient d’attaquer la succursale de la Banque de l’Algérie et de la Tunisie, ainsi que les quartiers européens, un suspect est alors interpellé par un des compagnons de Durand qui en fait rapidement un prisonnier.

Son arrestation fait rugir les émeutiers, le colonel Durand s’avançait alors vers les manifestants afin de tenter de les calmer. Face au déchaînement et aux jets de pierres, il tire deux coups de feu en l’air, ce qui n’empêche pas la révolte des opprimés.

Blessé de deux balles, le colonel Durand fut achevé à coups de matraque et de pierres par les manifestants. Trois suspects seront condamnés deux ans après les faits au tribunal militaire de Tunis.

22 janvier 1952 martyrs sousse
Une copie du journal la presse qui date depuis 1952

9 Avril, La mémoire des Martyrs

Cette journée célèbre depuis tant d’années la mémoire de nos courageux martyrs qui ont brièvement combattu lors des émeutes du 9 avril 1938 pour l’institution d’une république Tunisienne libre et indépendante.

Ces conflits seront le prélude à la lutte qui aboutira à l’indépendance du pays le 20 Mars 1956.

22 janvier 1952 martyrs sousse
Émeutes du 9 avril 1938

Quelques années plus tard, Mr. Hédi Selmi, le sculpteur et statuaire des monuments officiels de la Tunisie, réalisa ce monument des martyrs qu’on retrouve à l’entrée de la médina de Sousse, à Bab bhar afin de rendre hommage aux courageux combattants décédés le 22 janvier 1952.

Les martyrs du 22 janvier sont nommés comme suit : Romdhan belhadj Mabrouk, Hammadi Nasrallah, Mohamed ben nasr Masaoud, Mohamed belhadj ali el Henni, Miled ben hssan Limam, Zaier ben mohamed Latif, Naji ben mohamed Chrada, Mohamed ben brahim Atteb, Mohamed ben mohamed Ayari, Hssan ben mohamed Grissa, Belgacem ben ahmed Khalfallah et Mohamed ben habib Ben Salem.

Ces événements seront éternellement inscrits dans l’histoire et serviront comme une source d’inspiration et permettront de raviver le patriotisme, et de consacrer les principes d’allégeance à la patrie et d’abnégation pour la servir et la défendre.


Sousse Made lance un appel et demande à toute personne qui connaît l’un des martyrs de cette journée tragique du 22 janvier 1952 de les contacter afin de recueillir des témoignages de leurs famille et partager avec vous plus d’informations sur les mouvements de résistance à Sousse contre le protectorat Français.

Vive La Tunisie !

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“La muséographie contemporaine nous habitue curieusement à une “culture patrimoniale” comme si tout ce qui était produit par l’homme avait le musée pour destin présumé.”

De Pierre-Henri Jeudy

Cette fois-ci, on vous embarque vers une autre histoire, en vous faisant découvrir un lieu incontournable à la médina de Sousse, le musée El Kobba, classé monument historique depuis 1945.

Un musée dont beaucoup de Soussiens ne connaissent pas son existence, un musée dont personne n’en parle. Peu fréquenté, celui-ci risque de tomber aux oubliettes comme plusieurs autres sites historiques.

  • Que représentait cet endroit avant de devenir un musée ?
  • Quand et dans quelles circonstances a-t-il été construit ?
  • Et peut-on le visiter présentement ? Swipe down ☟

Le Musée El Kobba : Un des bâtiments principaux de la Médina de Sousse

musée el kobba medina de sousse

C’est derrière les grandes murailles de la médina, à proximité du Souk des Orfèvres, que se trouve un vaste bâtiment à l’architecture unique et ancestrale.

Fondé au dixième siècle de l’Hégire, cet endroit connaîtra plusieurs changements d’activités. Il servait comme Fondouk, puis comme Auberge, ensuite comme un lieu de vente à la criée jusqu’à devenir, de nos jours, l’un des principaux musées tunisiens au charme unique.

Une coupole crénelée en zigzag, une architecture unique en Tunisie

musée el kobba sousse medina coupole zigzag

Effectivement, disposant de sa coupole crénelée en zigzag, le musée el Kobba demeure unique en son genre sur tout le territoire.

Sa devanture est décorée de niches, d’un arc polylobé et de somptueuses arcades d’époques, ce monument dispose également d’un atrium central, pièce maîtresse du musée d’aujourd’hui.

Néanmoins, la conception de l’architecture du lieu n’a rien d’un hasard, sa particularité spéciale permet de mieux bloquer les rayons du soleil et également de maintenir une température agréable à l’intérieur.

Le bâtiment abritait le fondouk des Français au 19ᵉ Siècle

musée el kobba sousse medina

Grâce aux accords passés entre le royaume de France et l’empire ottoman au début du 16ᵉ siècle dans le but de favoriser les relations commerciales, de plus en plus de commerçants s’installaient à Sousse durant de courtes périodes pour faire des affaires.

Sousse représentait une destination clé pour les commerçants en tout genre et en particulier, la fameuse Médina, le lieu idéal pour marchander et s’y installer.

Mais ce n’est qu’au 19ᵉ siècle qu’El kobba commença à accueillir les premières personnes dont la majorité était des Français, sans doute, tombés sous le charme du bâtiment qui est également situé à proximité du port de la ville qui se trouve à deux pas de la médina.

Ce ne fut que de courte durée, le fondouk n’était plus, une auberge y est instauré jusqu’aux années 1960.

Musée El Kobba depuis 1994

Enchainant plusieurs centres d’activités, ce lieu mythique regroupe désormais le café Bayn el Qahâwi, du marabout Sidi Chérif et du fondouk Daoui.

Le musée propose à présent par le biais de ses différentes pièces, la vie quotidienne des « Sahéliens Tunisiens » d’autrefois à travers des scènes illustrant les mariages traditionnels, la préparation du Couscous, la confection des vêtements etc…

Il est défini comme étant le musée des arts et traditions populaires de Sousse.


La fameuse terre de Sousse est dotée d’un passé riche en histoires passionnantes accompagné d’un héritage culturel colossal.

Notre patrimoine historique devrait être beaucoup plus valorisé non seulement pour attirer les touristes, mais également pour les Tunisiens qui doivent connaitre leur histoire.

Chaque Soussien se doit de connaitre les musées, les bâtiments historiques et autres symboles de la ville. Sousse Made en fait sa mission en vous faisant découvrir autrement la ville de Sousse.

N’hésitez pas à partager avec nous vos articles, vos images, vos vidéos de reportage/documentaire afin de nous aider à mettre en avant les atouts de notre belle ville.

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Que sait-on vraiment à propos du Ribat de Sousse ?

Connaître son histoire, c′est pouvoir choisir son avenir

Vous connaissez certainement le Ribat de Sousse, ce bâtiment aux allures de forteresse située à la médina de Sousse. Mais que sait-on vraiment à propos de ce Ribat ? À  quoi servait il ? Par qui était-il occupé… ?

Contrairement aux autres ribats qu’on retrouve en bord de mer, le ribat de Sousse est une forteresse qui se trouve à 500 mètres de la côte et au sein de la médina de Sousse, à environ cinquante-cinq mètres de la Grande Mosquée. Selon plusieurs écrivains et historiens, comme Anouar el feni ou encore Mohamed Mestiri ce sont les forces françaises qui ont construit sur l’eau tout autour des remparts à proximité du ribat. Cette nouvelle partie été d’ailleurs surnommée la nouvelle ville vu qu’elle se trouvait à l’extérieur de la médina.

Le Ribat de Sousse est le plus ancien Ribat de l’Afrique du nord

ribat de sousse

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1988, il est considéré comme le ribat le plus ancien en Tunisie, il a d’ailleurs même servi de modèle pour le ribat de Monastir.

C’est un des exemples typiques des ribats qui servaient dans l’Afrique du nord au Moyen Âge.

La construction du ribat est attribuée à Ziyadat Allah Ier en 821, sur la base de l’unique inscription qui existe à l’intérieur du bâtiment : « Au Nom de Dieu, le Bienfaiteur, le Miséricordieux. Bénédiction de Dieu. Voici ce qu’a ordonné l’émir Ziyâdat Allâh ibn Ibrâhîm, que Dieu prolonge sa durée !… par les mains de Masrûr al-Khâdim  (Le serviteur) son affranchi, en l’année 206 / 821. Ô Dieu, fais-nous descendre dans une demeure… béni. Tu es le meilleur des conducteurs ».

Le Ribat a été entièrement démoli puis reconstruit

Bien qu’initialement bâti par un gouverneur abbasside en 796 CE, le ribat de Sousse a été démoli et entièrement reconstruit par le calife Aghlabid Ziyadat Allah I en 821 qui lui a ajouté une tour de garde du côté sud-est qui servait de minaret à la mosquée voisine.

Le ribat de Sousse a été endommagé lors du bombardement de la ville en 1943 durant la campagne nord-africaine de la Seconde Guerre mondiale. Il a ensuite été restauré entre 1951 et 1953. 

C’est un des bâtiments historiques les mieux conservés en Afrique du nord.

Des fonctions militaires et religieuses

ribat de sousse

De petites garnisons de soldats musulmans pieux vivaient dans le Ribat et protégeaient leurs villes contre les attaques maritimes, le ribat avait donc une fonction de défense et de guet contre les attaques de la marine byzantine ou tout autre ennemi.

C’est également un lieu idéal de refuge pour les pèlerins comme pour la population en cas d’attaque. Il est conçu pour abriter une cinquantaine d’hommes.

La tour est en forme de cheminée, mesurant 27m, elle permettait aux soldats de surveiller la mer et l’arrière-pays, d’où en cas de besoin pouvaient communiquer avec les Ribats voisins par des signaux lumineux. Un système de signalisation constitué par des signaux optiques (fumée et feu allumés) était utilisé.

L’entrée du Ribat est surmontée d’un assommoir, une ouverture pour faire tomber des projectiles sur les assaillants.

Le mur de la qibla qui est aussi le rempart d’enceinte est percé d’archers. Les priants peuvent ainsi se transformer à tout moment en guerriers pour défendre le Ribat !

En 827, le Ribat de Sousse servait de base de départ pour la conquête de Sicile par Assad Ibn El Fourat.

En 1722, vers la fin de la confrontation entre les deux rives de la méditerranée, le ribat perdit sa vocation militaire et se transforma en lieu d’enseignement (madrassa ) et de propagation des sciences religieuses. D’ailleurs les plans des medersas tunisiennes s’inspirent profondément de celui des ribats.

Sa structure fut imitée dans tout l’occident musulman

ribat de sousse

Son style architectural s’inspire largement de celui mis en œuvre par les Byzantins.

Le ribat est édifié sur un plan carré de 38 mètres de côté et s’étage sur deux niveaux ouverts sur une cour centrale de forme rectangulaire.

La cour centrale est entourée de pièces, le niveau supérieur desservi par deux escaliers abrite une salle de prière dotée d’un élégant plafond voûté qui reflète son double objectif avec ses fenêtres fortifiées utilisées par les archers et le simple mihrab (niche de prière dans le mur indiquant la direction de La Mecque; c’est l’une des plus anciennes du Nord Afrique).

On y trouve également les cellules des moines-soldats qui occupent les trois autres ailes de l’étage.

Au dernier niveau on trouve le chemin de ronde et plusieurs tours aux angles, semi-circulaires disposées au milieu des courtines Est, Ouest et Nord.  A l’angle S-E se trouve la tour-vigie. On y trouve également la coupole, C’est l’abri des défenseurs de l’entrée, chargés de neutraliser les assaillants parvenus sous le porche. 


Nous espérons que cet article vous a plu et qu’il vous a surtout appris un peu plus à propos d’un des monuments historiques les plus importants de la ville de Sousse.

Maintenant, il ne vous reste plus qu’à voir ça de plus prêt en visitant le ribat de Sousse. Celui-ci est ouvert tous les jours, l’entrée coûte 8dt.

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Les légendes racontées au sujet d’El Hajra El maklouba de Sousse
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Si vous vivez à Sousse, vous êtes sûrement passé à côté d’El Hajra El Maklouba !

Cet immense rocher renversé situé au quartier de Bouhsina à quelques centaines de mètres de la médina et du musée archéologique suscite la curiosité des habitants de la ville de Sousse depuis toujours.
Un curieux rocher aux allures de météorites collé à une petite maison connue sous le nom de El Hajra El Maklouba.

Ces origines restent encore méconnues, on trouve plusieurs histoires et légendes à propos de ce rocher dont voici les plus connues :

  • Une météorite tombée du ciel
  • Un rocher qui cache un trésor enfoui dans une grotte souterraine qui  se trouve
    juste en dessous
  • Un rocher maudit, toutes les grues qui ont tenté de le déplacer sont tombées en panne. Plusieurs personnes ont même peur d’essayer de la déplacer
  • Les restes d’un hammam qui date depuis l’époque romaine 

Lors de l’époque du protectorat, elle servait comme une tour de garde par les soldats français ou comme un haut point pour admirer la ville, ils l’appelaient d’ailleurs la tour Eiffel. 

Quelle est donc la vraie histoire d’El Hajra El Maklouba de Sousse ?

Selon plusieurs archéologues, ce rocher fait partie des ruines d’un ancien théâtre romain où étaient organisées des courses de chars. Cette thèse est démontrée suite à l’étude des pierres qui composent ce bloc géant. 

En effet, les pierres contiennent une quantité incroyable de blocs de pierre ponce.
Sur le grand bloc, on peut voir très clairement les empreintes de grandes dalles carrées sur sa surface, qui ont dû le recouvrir dans le passé et former une immense terrasse dallée.

Tant de questions qui demeurent encore sans réponses !

  • Que fait cette maison collée au rocher depuis des années ?
  • Ou sont passés les restes des vestiges du théâtre romain ?

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