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Ils sont tout au plus une vingtaine à Sousse et un millier dans le pays, la plupart sont des personnes âgées et vivent essentiellement à Tunis et à Djerba ou les juifs reviennent chaque année plus nombreux au mois de mai pour le pèlerinage de la Ghriba, du nom de la synagogue majeure de l’île.

Les juifs avaient su se rendre indispensables en maintenant le secret de leurs métiers, joailliers, tailleurs, travail du cuir, etc. On disait “c’est fait juif” pour dire “de bonne qualité”. »

Cet article vous fait découvrir le portrait de deux icones Sousse d’origine juive, un léger aperçu sur l’exode des juifs de Tunisie ainsi que la dernière synagogue à Sousse.

Pascal Tamim, le pâtissier juif le plus célèbre du Sahel

pascal tamim juif sousse

Pascal Tamim était l’un des juifs les plus connus et les plus appréciés à Sousse, il détenait la dernière pâtisserie cacher en Tunisie.

C’est en 1950 que Pascal achète une brouette et vend ses gâteaux partout dans la ville avant d’ouvrir sa propre pâtisserie qui devient l’adresse incontournable pour les pâtisseries traditionnelles ou encore la citronnade.
Pascal a fait le choix de terminer ses jours en Tunisie et de ne pas quitter le pays comme la majorité des juifs l’ont fait “Je ne mourrai que dans le pays où je suis né” disait-il. Il a ainsi cohabité durant plus de 90 ans avec ses voisins musulmans.

Yves Eliahou, gardien du trésor des juifs à Sousse

Yves Eliahou juif sousse

Nous pouvons également citer le nom de “Yves Eliahou”, un avocat tunisien de confession juive et de culture musulmane, originaire de Sousse et supporter de l’Etoile du Sahel, qui vit actuellement à Boujaafar.

C’est aussi le gardien d’un trésor inestimable enfoui dans la synagogue. il se voit confier la sauvegarde de son message et sa passation dans les meilleures conditions aux générations futures.

Exode des juifs de Tunisie par vagues entre 1948 et 1967

Exode des juifs de Tunisie

1948. La création d’Israël suscite les premiers départs vers le nouvel État, notamment parmi les plus pauvres de la Tunisie qui habitaient principalement dans les régions intérieures.

1956. L’autonomie interne de la Tunisie (3 juin 1955) puis l’indépendance du pays le 20 mars 1956 génèrent de nouveaux départs vers la France et Israël. L’ancienne communauté juive a quitté la Tunisie dans les années d’indépendance

1959. La Constitution Tunisienne adoptée le 1er juin, qui proclame dans son article premier que la Tunisie a pour religion l’islam et pour langue l’arabe, accélère le mouvement.

Lorsque la Tunisie devient, avec la Constitution de 1959, un pays de langue arabe et de religion musulmane, les juifs se sont sentis écartés malgré leur aspiration à la citoyenneté tunisienne. La montée du nationalisme pendant la décolonisation a contribué à nourrir l’angoisse des familles juives.

1961. La bataille de Bizerte (19-23 juillet) entre la France et la Tunisie fait plusieurs milliers de morts côté tunisien. Beaucoup de juifs sont sommés de choisir leur camp.

1964. La loi sur la propriété agricole du 12 mai exproprie les étrangers propriétaires.

1967. Les juifs sont victimes d’exactions après la guerre des Six Jours (5-10 juin), qui génère un flot de départs. D’autres suivront jusque dans les années 1970.

La synagogue Keter Torah ou Kether Torah à Sousse

synagogue Kether Torah à Sousse

En 1946, la communauté juive compte environ 3 530 membres mais ce nombre ne cesse de diminuer jusqu’à atteindre 36 personnes en mai 2006. Si la ville a compté jusqu’à six synagogues, y compris la Grande synagogue de Sousse, seule Kether Torah est restée en activité jusqu’à nos jours.

La synagogue Kether Torah est construite en 1913 à l’initiative de Yossef Guez, grand rabbin de Sousse et premier grand rabbin autochtone de la Tunisie. La synagogue sert dès lors comme la principale synagogue de la communauté juive de la ville.

La synagogue était un mausolée visité par des milliers de Juifs, qui y honoraient les rituels religieux et y célébraient les fêtes. Au coeur de la synagogue on découvre un trésor : d’anciens manuscrits de Torah, rédigés à la main et conservés depuis des générations

Jadis, les ascétiques passaient de longues périodes à la synagogue, parfois deux ou trois ans. Durant cette période, ils écrivaient la Torah à la main, sur un papier spécial et avec une encre indélébile. Après avoir fini l’écriture, le manuscrit était gardé dans une boîte en bois, que l’on exhibait lors d’une marche dans les ruelles de la médina pour fêter la fin de son écriture.

Contrairement à la synagogue de Kether Torah, la Grande Synagogue de Sousse en Tunisie est complètement délabrée. Encore un site historique laissé à l’abandon.

Crédit H.C. Pérez, mai 2006
Adresse (Localisation Google Maps de la synagogue de Sousse : https://goo.gl/maps/8yStZAfyGgwhc78z8)

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